• NIEPCEBOOK #07 / 5.

    NIEPCEBOOK #07 / 5.

    Prendre des images ainsi, à proximité immédiate de ceux qui réfutent toute image, est en soi un exercice de l’entre deux. Pas le temps de faire accepter la prise de vue, la proximité est fugace en ces nuits de fuite où les déplacements se font en silence entre la gare des Ardoines et le camp, lieu de refuge en tant que tel qui, même si les conditions de vie se rapprochent bien plus de la survie subie, représente pour autant un lieu protégé de l’entre soi. Les prises de vue se font à la volée, dans le mouvement de la marche de l’Autre sous des lumières tout autant réduites qu’aléatoires. La photographie se vit ici pleinement et traduit ces instants d’équilibre précaire en intimité non partagée, je ne peux prendre à distance, c’en est ainsi. J’ai besoin de sentir l’Autre, de ressentir l’excitation de cette volonté de transmettre une réalité. L’image est fixée. De toute façon, elle a aussitôt disparu, elle ne reviendra plus. Vitry sur Seine, septembre 2017, la nuit a repris ses droits couvrant ces va et vient incessants et discrets.

  • NIEPCEBOOK #07 / 4.

    NIEPCEBOOK #07 / 4.

    La série des Identités sur la confrontation entre le camp de roms et le chantier de la gare des Ardoines a été l’occasion de prises de vues nocturnes. Mes photographies ont besoin de proximité, un 25 mm impose de réduire les distances. Les prises de vue de l’Autre qui réfute l’image expriment cette vie en passage. Toutes générations confondues, les mouvements de personnes du camp sont incessants, de nuit et de jour. La dureté de la situation m’a alors amené à préserver la couleur pour ancrer les images dans cette réalité du quotidien. Image ici inédite, ouvrez les yeux, d’autres suivront d’ici la parution du NIEPCEBOOK #07. Retrouvez-le sur www.corridorelephant.com/niepcebook jusqu’au 7 février 2018 avec 10 photographes, Chrystel Caparros, Antonio Domingues, Guillaume Lavit d’Hautefort, Emma Arbogast, Nicolas Beaumont, Pauline Sauveur, Baptiste Gamby, YmY Nigris, Alban Lecuyer et moi-même!

  • Irving Penn, Grand Palais / 2.

    Irving Penn, Grand Palais / 2.

    Sans aucun doute possible, la capacité d’irving Penn à extraire l’humanité de l’Autre ne laisse pas indifférente. La mise en image se fait tant au travers du portrait que du corps, dépouillés de tout surplus inutile. C’est bien à l’intérieur de son sujet qu’irving Penn va chercher. La toile immuable de ce fond gris, même s’il capte avec adresse la lumière, transfère toute l’attention sur le sujet. Il ne vous reste qu’un nombre de jours restreint pour éclairer vos yeux au Grand Palais. De tôt matin, jusqu’au 29 janvier 2018. Sans faute, c’est évident, il vous faudra provoquer une proximité intime aux tirages pour en profiter pleinement. A vos yeux.

  • Irving Penn, Grand Palais / 1.

    Irving Penn, Grand Palais / 1.

    Encore une exposition médiatisée qui va attirer curieux et touristes en masse, l’envie était donc limitée de se confronter à de telles conditions de visite. Et pourtant, les images présentées sont époustouflantes tant dans la récurrence de qualité qu’à l’unité pour certaines d’entre elles. Vraiment. Tirages sublimes dans de petits formats, petits en regard d’expositions actuelles où l’on peut être impressionné par la taille immense d’une photographie venant camoufler un intérêt limité, il en est ici autrement. Séries de portraits où Penn arrive par un miracle d’une grande rareté, ce particulièrement dans ses premiers travaux, à mettre en situation de défaut celui ou celle qu’il photographie, l’obligeant à se dévoiler et par là même à capter son intimité. Des séries très plastiques sur les corps où il joue sur les formes rebondies des modèles, là aussi, il réussit à surprendre. Il faut donc se presser pour voir cette exposition, à l’aube sans faute pour éviter les hordes de regardeurs. Ouvrez les yeux bien grands, les pupilles vont vibrer très régulièrement. Sans tarder, vous avez jusqu’au 29 janvier 2018.

  • Identités. Salling store. Aarhus, Denmark / 5.

    Identités. Salling store. Aarhus, Denmark / 5.

    Il en est ainsi de la photographie de rue où l’instant se laisse capter jusqu’au moment où le sujet apprend qu’il est photographié. La liberté du geste, de l’expression ne fait qu’exprimer la sincérité du sujet qui n’est pas acteur d’un rôle appris. Il ne joue ni ne surjoue, il faut simplement être présent et mettre en scène cette absence de mise en scène volontaire et maîtrisé. Chaque élément compte, mouvement, lumière, fond, premier plan, équilibre du sujet et de son contexte dans un cadrage qui s’il veut être reconnu à sa juste valeur, devra accompagner l’image, lui donner sens. Inutile ici d’aller professoralement plus loin, la compréhension du lieu prime avant tout. L’oeil est essentiel, son entrainement encore plus. Ouvrez, fermez, clignez, à droite, à gauche, vous voyez mieux déjà : Aarhus vous ouvre ses portes dans un pays vivifiant. Les Identités du Salling Store vous aident à mieux l’appréhender.

  • NIEPCEBOOK #07 / 3.

    NIEPCEBOOK #07 / 3.

    Il était une fois 10 photographes, Chrystel Caparros, Antonio Domingues, Guillaume Lavit d’Hautefort, Emma Arbogast, Nicolas Beaumont, Pauline Sauveur, Baptiste Gamby, YmY Nigris Alban Lecuyer et moi-même qui partageaient une histoire collective. Le NIEPCEBOOK #07 nous a réuni subrepticement sur un sujet commun. Les questions de Territoires, égalités et inégalités sont perçues par autant de fenêtres que nous l’autorsisent nos histoires respectives. Différemment sans aucun doute, c’est bien ici la richesse des perceptions qui importe, racontant 10 histoires qui se retrouvent collectées en une revue numérotée pleine de vie, de vues.
    Mes Identités « Ardoines » ouvrent les yeux sur cette confrontation territoriale entre un chantier du Grand Paris et un camp de roms, en un face à face empli d’ignorance de deux mondes opposés. A vos yeux sur www.corridorelephant.com !

  • Identités. Salling store. Aarhus, Denmark / 4.

    Identités. Salling store. Aarhus, Denmark / 4.

    Les Identités sont encore jeunes. Mais elles prennent forme au gré des rencontres anonymes avec des lieux, avec ceux qui les animent, avec la lumière qu’ils irradient. La série Ardoines publiée dans le NIEPCEBBOOK #07 de l’éditeur CORRIDORELEPHANT, en compagnie de 9 autres photographes, vogue vers une publication prochaine. Les Identités du Salling store d’Aarhus ne sont pas en reste. Instantanés de gestuels de partage, gestes symptomatiques formalisant un état d’esprit d’une société danoise attentive, c’est bien l’esprit des séries Identités. L’image signifie. Il faut être attentif pour y parvenir. Capter l’instant nécessite de parcourir le lieu, de le comprendre, d’essayer, de se tromper, de commencer à nouveau, d’y revenir. Fugace, le cumul aléatoire du mouvement, de la lumière, du contexte va alors porter le regardeur vers ce monde à côté, sur-naturel d’un naturel anodin. Les Identités se livrent à vous. Elles ne font que débuter leur mise à nue. Ouvrez les yeux.

  • NIEPCEBOOK #07 / 2.

    NIEPCEBOOK #07 / 2.

    L’interdépendance de ces deux mondes qui feignent de s’ignorer en devient extrême de par leurs fondements respectifs. Population déplacée en déplacement perpétuel d’un côté, organisation en évolution continue de la société du Grand Paris pour faire face à la mise en oeuvre de la multitude de chantiers des nouvelles lignes de métro de l’autre. La position du camp n’est pas anodine : Grands espaces industriels en mutation propices à l’installation illégale de ces populations en survie, la proximité d’une gare, les Ardoines, est en soi une aubaine pour ces populations qui utilisent quotidiennement les transports ferroviaires pour se rendre à Paris. Les mouvements tant des camions que des occupants du camp en allers et venues quasi continues transforment l’espace public contigu en une scène mouvante faite de glissements des uns au bord des autres, sans frottement. A priori. CORRIDORELEPHANT vous fait partager ce quotidien si réel dans le NIEPCEBOOK #07 avec 8 autres photographes qui vous racontent eux aussi des bribes de réalité pleine d’égalités, d’inégalités et de territoires. Ce sont Chrystel Caparros, Antonio Domingues, Guillaume Lavit d’Hautefort, Emma Arbogast, Nicolas Beaumont, Pauline Sauveur, Baptiste Gamby, YmY Nigris et moi-même.
    Allez voir cela de plus près sur www.corridorelephant.com !

  • NIEPCEBOOK #07 / 1.

    NIEPCEBOOK #07 / 1.

    Il en va certaines fois où un sujet interpelle plus qu’à l’habitude. Territoires, égalités, inégalités, le NIEPCEBOOK, 7 de son petit nom, intègre l’une de mes séries de photographies développée spécifiquement pour cette revue. Confrontation d’un grand chantier, le Grand Paris, qui développe dans un temps court une nouvelle infrastructure de transport en Ile de France et d’un camp de roms occupant illégalement un terrain faisant face au chantier. Confrontation complexe de deux mondes qui se côtoient tel que l’impose un même territoire, celui de l’avenue qui sépare l’entrée de ces deux mondes. Deux mondes qui se côtoient en donnant l’impression de s’ignorer, même si l’espace contraint qui les séparent rend impossible cette ignorance. Un monde qui organise les déplacements de demain face à un monde subissant le déracinement, c’est bien de cela dont il s’agit dans mes photographies. Ouvrez les yeux sur www.corridorelephant.com : 10 photographes y donnent leur vision.

  • Identités. Salling store. Aarhus, Denmark / 3.

    Identités. Salling store. Aarhus, Denmark / 3.

    Identités déroule son chemin paisible au Danemark. Il en va de cette quiétude recherchée à mettre en application. En cette période du bon sentiment de début d’année, où chacun souhaite à l’Autre le meilleur, il s’agirait aussi de s’appliquer à participer au mieux être de l’Autre. Au quotidien, sans s’en vanter, ça n’est pas nécessaire. Il n’en va de même pour tous en ces jours de rage urbaine, étrange cet écart de rapport à l’Autre, ce en quelques centaines de kilomètres de distance. Le froid anesthésirait-il ce sentiment de rage ? Certainement pas. Les raisons sont ailleurs. Identités sème sa quiétude altruiste. Respirez. Ouvrez les yeux en ces premiers jours de cette nouvelle année.