• Insouciances / 2.

    Insouciances / 2.

    Evidemment, oublier son esprit ne signifie pas pour autant de perdre son instinct. Tout est fait ici pour se confronter au plaisir. Plaisir de se faire peur, plaisir de se jeter dans le vide, plaisir de perdre ses repères spatiaux dans des jeux infernaux, plaisir de se transformer en pilote aussi émérite qu’éphémère, plaisir de viser. Justement. Pêche à la ligne, tir à la carabine, chamboultou, les instincts sont mis en éveil et refont surface. La victime se mue en ballon mouvant ou en boîte de conserve. En ce sens, les images de référence sont sans appel pour comprendre dans une immédiateté commercialement nécessaire, l’objet du stand. Pistolet, homme armé, ça y est, impossible de ne pas comprendre. Ici le plaisir du chasseur enfoui bien au fond pourra s’exprimer. Pan ! t’es mort.

  • Palais de Tokyo. Yo.

    Palais de Tokyo. Yo.

    Gaudin donne vie à la matière inerte. Saulnier se disperse. Izumi se lâche, empli de plaisir à faire. Le Troter discute. Poincheval se mue en poule couveuse. Des machines pleines d’amour s’échelonnent au travers des salles du Palais de Tokyo. Immense, ce Palais, au point de se dire que certains des artistes peinent à faire face à cette immensité. Le Palais devient un lieu qu’il s’agit d’aborder par le biais de l’errance où la lecture du feuillet laissant découvrir la démarche de l’artiste scande cette déambulation au hasard de l’enchainement des salles. Ambiance nocturne toujours aussi apaisante emplie de visiteurs éparses, dubitatifs, sachants, ignorants, les visites se font au pas de course ou se font plus studieuses, observatrices, chacun adapte sa déambulation. D’ailleurs est il vraiment question de comprendre ? Sentir, ressentir, se projeter soi-même dans une démarche intrinsèquement obscure ou rendue volontairement obscure par celui ou celle qui produit, embué dans sa démarche éclairée ou brumeuse. La profondeur en est très variable. Il ne le dira pas. L’osmose est régulièrement difficile. L’évidence apparait parfois, au hasard de moments furtifs où sa propre expérience induit soudainement une capacité à se projeter. A déambuler donc, au hasard et sans idée préconçue. Sans se perdre.

  • Béchet chez Doisneau.

    Béchet chez Doisneau.

    J.C. Béchet maîtrise son sujet. C’est indéniable. Jusque dans le titre de l’exposition, expressément adapté aux photographies présentées. European Puzzle, l’impression est bien celle-ci pour cette suite d’images prises au cours de plusieurs années de parcours de l’intéressé du grand nord au sud de cette Europe diverse, de l’ouest au bout de son est. Portraits, photos de rue, plans larges et resserrés, J.C. Béchet se permet le mélange. Tant mieux. Peut être. Il s’agit en tout cas d’un panel varié de son savoir faire. Intéressant. Intéressant également de l’écouter parler de son parcours européen et des images qui en sont issues. A voir. Certainement. Jusqu’au 23 avril 2017 à la maison de la photographie Robert Doisneau de Gentilly.

  • Insouciances / 1

    Insouciances / 1

    Le printemps arrive. Repart. Apparaitra de nouveau. Il est temps de parcourir ces lieux où la sensation fait avancer chacun, à son niveau, emprunt d’insouciance ou d’anxiété, tout dépend. Dans tous les cas, l’excitation est au rendez-vous. Course à la sensation, seul non, à plusieurs le plus souvent, là où l’effet de groupe fait monter le curseur de celui ou celle qui n’ose pas, à faire prendre des initiatives à celui ou celle qui doit prouver, à titre d’exemplarité face au groupe. Moments d’échanges, c’est sans doute là l’intérêt de ces fêtes foraines autorisant ces instants d’insouciances. La lumière, les lumières, les bruits, les musiques, les odeurs accaparent les sens dans des mouvements incessants, de bas en haut, de droite à gauche. Le spectacle fait front, occupant l’esprit à moins d’esprit.

  • Moment d’Architecture / 2.

    Moment d’Architecture / 2.

    Mallet Stevens encore et sa sublime réalisation pour les époux Cavrois, il s’agit là de la cuisine, dimensionnée à l’échelle d’un château où les chaises dessinées par Mallet Stevens himself autorisent une pause. Les espaces de service destinés au personnel de maison sont traités avec un soin identique à celui des pièces de réception. Lumière naturelle, vue directe sur le jardin, volumes confortables, accès depuis la façade principale, la stratification sociale est mise à mal. Respiration évidente d’une production architecturale en avance sur son temps, approuvée par un commanditaire éclairé.

  • Moment d’Architecture / 1

    Moment d’Architecture / 1

    Villa Cavrois, vaste « château » moderne de 1932. Cette réalisation de Mallet Stevens fait faire un pas de géant à l’Architecture, dans son rapport au contexte, son rapport à l’hygiène, l’intégration des standards modernes, voiture, ascenseur et autres facilitateurs du quotidien. Les rapports sociaux traditionnels y sont bousculés. Les matériaux, nobles, au regard de cette commande hors norme jouent de leurs couleurs au travers d’une maîtrise extrême de la lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle. Simple moment d’émotion, tout y est évident, inventif, judicieux faisant basculer cette Architecture dans la référence. Un monde à part. Une rénovation sublime permet depuis peu de prendre toute la mesure du lieu. A voir. A revoir. Sans fin.

  • Croyances / 2.

    Croyances / 2.

    Etranges bribes de croyances qui reviennent aussi rapidement. Le hasard des envies a provoqué ce regard curieux et assidu à sa tâche sans fin. La femme qui se signe ici en entrant dans l’église fait partie de ces instants de basculement d’un monde à l’autre. Inversement des lumières où le monde extérieur semble aussi sombre qu’est lumineux l’espace intérieur de l’église. Le signe est tourné vers cette lumière zénithale tombant du ciel, de ce ciel partie intégrante du monde externe. L’un et l’autre ne sont donc pas si éloignés, quoique. Dans tous les cas, ils sont intimement liés.

  • Croyances / 1.

    Croyances / 1.

    Questionnement : est ce cette actualité récurrente et quotidienne mettant à terre cette aspiration naturelle de croire en l’Autre, qui m’amène à entamer avec envie une nouvelle série ? Cela n’est sans doute pas étranger à cet élan soudain sans l’expliquer pour autant totalement. Ce peut être aussi le glissement qui s’opère photo après photo vers l’Humain qui prend au fur et à mesure une place évidente et systématique, le rapport qu’il induit à son contexte. De fait, la croyance en un Etre Supérieur plaque, sans intermédiaire et en toute immédiateté, une dimension particulière aux lieux où s’expérimente cette prise de contact. Passer la porte, espace infime de séparation, transforme en un instant celui ou celle qui fait le pas. D’un espace public à un espace intériorisé, il se passe quelque chose. Et il n’est pas nécessaire d’y croire pour s’en apercevoir. Le sujet est tout autre. Ce travail ne fait que débuter. Il m’intrigue déjà. J’en délivrerai des bribes, de temps en temps. Le temps justement. Il n’en est pas question ici. Eternel qu’il est.

  • Back in the USA / San Antonio.

    Back in the USA / San Antonio.

    Descendons un peu au Sud, le Mexique n’est pas si loin. Imprégnée des allers retours entre mexicains et nouveaux américains qui se chassent les uns après les autres, San Antonio baigne dans cette histoire étrangement mise en avant alors même qu’elle est marquée par la Mort, un peu, beaucoup. La chaleur se ressent, les ombres rasent les murs en cet après midi à l’air lourd et chaud, dans des rues apaisées par cette chape humide.

  • Back in the USA / Next.

    Back in the USA / Next.

    Dans le métro new yorkais. La climatisation ne fait pas tout. La fatigue se lit sur les visages. Nuit difficile, chaleur diurne épuisante, les raisons de la fatigue restent inconnues. Les gens rentrent et sortent des rames, les regards se croisent. Les flux sont continus. Repos entre deux.