5 francs le baiser ! 5 francs le baiser ! Pas cher en effet. Tout cela avec l’assurance de participer à une démarche artistique. Orlan se dévoile au travers de ces projections à la MEP, ouvrant son monde où le corps, son corps intègre pleinement sa démarche d’art corporel qui laisse un goût étrange en cette bouche inhabituée à une telle débauche intime emplie de souffrance et de fougue. Il s’agit de se dépêcher. Il reste quelques jours jusqu’au 18 juin pour voir ces projections.
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de l’après / 2.
Le rapport de l’avant et de l’après, physique, moral, est toujours une interrogation. Le vivant veille sur le mort, le vivant vérifie depuis sa fenêtre que le mort est toujours aussi proprement rangé au cordeau, d’autant plus qu’il est mort pour la France. Le drapeau signale cette mort à part. La mort pour l’Autre, exemple ultime de cet altruisme respectable. Soit. Il est peut être temps de travailler à ne plus avoir peur de l’Autre. Entre vivants. Il sera bien temps de refermer la porte, une fois passé le seuil de la vie. Pourquoi mettre une photographie sur la tombe de celui qui n’est plus ? Le reconnaitre ? Le faire connaitre ? Faire survivre son souvenir avec une facilité visuelle accrue ? Tenter de lui préserver une présence physique alors même qu’il n’est plus que poussière ? Ne serait il pas plus cohérent d’afficher son portrait sur sa porte pour amoindrir la peur de l’autre ? S’ouvrir à l’autre de son vivant plutôt que d’attendre le temps de l’irréversibilité pour tenter cette connexion devenue mesquine.
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solitudes / 1.
Un 8 mai où l’horizon politique est chamboulé. Avec ces 66 %, 66 année du cheval de feu du calendrier chinois, mais que cela veut-il bien signifier ? Etrange chiffre à surveiller de près, cela va sans dire. L’écart se creuse entre le spectateur inerte qui survit faisant face à l’argent support de paris fous. Inertie provoquée et malveillante, il est temps de rendre un élan à chacun. Le quai doit être vide. Cela va sans dire.
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croyances / 4.
A l’aune d’un choix cornélien, le temps de la réflexion se déploie, partout, à chaque instant, dans chaque conversation. Fin de second round qui se rapproche à grands pas sachant qu’il sera suivi de deux autres rounds tout aussi primordiaux pour les premiers temps de ce nouveau temps souhaité où le peuple français a signifié sa volonté de nettoyer, balayer la poussière politique emmagasinée depuis fort longtemps. Au-delà de l’interrogation immédiate sur la capacité à pouvoir réellement empêcher à cette poussière de se redéposer, un choix, triple, est ouvert. L’une, l’un ou le ni l’un ni l’autre. Ceux qui sont persuadés iront au plus rapide, facilement. Ceux qui hésitent sur l’élu de leur contrecoeur ont deux options possibles : Le vote pour éviter l’Autre, même si les idées ne sont pas partagées. Le vote pour le moins pire, même à reculons car toutes les idées ne sont pas partagées. De là à se mettre à genou, il y a une marche qu’il ne va pas s’agir de sauter. Quelque soit le résultat.
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tous, des sang-mêlés / MAC VAL
Dans cet immense espace d’exposition, lumineux à souhait, les sang-mêlés sont abordés au travers d’une multitude d’artistes ayant approché chacun à sa manière cette question de l’identité culturelle. Démarches artistiques présentées dans un musée, rien de plus normal. Le sujet, pour autant, implique quasiment un débordement vers des démarches d’ordre ethnologique. Démarches évidemment moins scientifiques dans leur systématisme d’approche, sans être foutraques pour autant, c’est peut-être ce sérieux visuel, cette neutralité volontaire visant à recentrer l’attention du regardant sur le fond en faisant oublier la forme, qui brouille la lecture pour certaines d’entre elles. Mon oeil hésite parfois entre le filtre du musée d’art contemporain et celui du musée de l’Homme. En quoi est-ce de l’art ? Est-ce le seul contenant qui de par son titre, autorise à l’inscrire dans la colonne artistique ? peu importe en soi. Les chemins peuvent être divers. Ils sont ici divers et provoquent des émotions, variables certainement. Le cumul des oeuvres à la queuleuleu n’aide pas à cette exaltation de l’émotion plus aisément atteignable dans une exposition dont l’unité de forme prime sur l’unité de fond. L’émotion fait surface quoiqu’il en soit, au hasard de sa sensibilité. Jolis moments dans cette déambulation. A voir. Oui, à voir. En déambulant.
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croyances / 3.
Lendemain d’un jour difficile qui va engager le pays dans un temps nouveau. Mais sera t il incertain, différent ? Méconnu à ce jour pour le moins. Les anciens se préparent, toujours prêts à être utiles. A moins que certains ne se focalisent que sur eux mêmes avec pour seul intérêt personnel, celui de participer à, d’orienter, de peser dans la décision. Image contextuelle où l’entrée est sombre. Peu importe, l’on s’y engouffre. Prière de retirer ses lunettes avant de pénétrer dans l’après. Pour ne pas être ébloui, à moins que ce soit pour se laisser la surprise de la découverte du temps nouveau. Il s’agira d’être attentif. Pour le moins.
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Insouciances / 3. Enragé.
Enragé, c’est le mot.
L’information en continu, ou comment étirer le temps. Rien à dire, presque et pourtant l’antenne est assurée en continu. Les mots s’enchainent et des phrases en boucle ressassent la même information qui lentement évolue au fur et à mesure que des nouvelles anecdotiques sont captées. Les journalistes exploitent la tuerie des Champs Elysées et font défiler en caméra fixe, une image atone de gyrophares agrémentés d’allers et venues incompréhensibles.
L’information en continu ou comment propager l’inutile. L’invité propulsé expert, seul son titre en bas d’écran l’atteste, expose doctement l’objectif avoué des terroristes de propager la psychose et la peur au travers d’un affichage médiatique soutenu de cette attaque aussi express qu’aisément impactante en cette période d’élections. Raté, c’est très exactement ce que fait cet expert en exposant si peu synthétiquement sa théorie maintes fois répétée, devant cette image d’arrière plan toujours aussi atone . Il n’y a rien à dire de plus. Mais il faut maintenir l’antenne. Quoiqu’il arrive. sans rien avoir à dire.L’info en continu ou comment l’éviter. C’est si simple, éteindre son téléviseur à bon escient. Non sans enrager de ces interventions contreproductives.
Insouciances, certes non. Pas ce jour. Hulk, quand t’énerves tu donc ? -

Insouciances / 2.
Evidemment, oublier son esprit ne signifie pas pour autant de perdre son instinct. Tout est fait ici pour se confronter au plaisir. Plaisir de se faire peur, plaisir de se jeter dans le vide, plaisir de perdre ses repères spatiaux dans des jeux infernaux, plaisir de se transformer en pilote aussi émérite qu’éphémère, plaisir de viser. Justement. Pêche à la ligne, tir à la carabine, chamboultou, les instincts sont mis en éveil et refont surface. La victime se mue en ballon mouvant ou en boîte de conserve. En ce sens, les images de référence sont sans appel pour comprendre dans une immédiateté commercialement nécessaire, l’objet du stand. Pistolet, homme armé, ça y est, impossible de ne pas comprendre. Ici le plaisir du chasseur enfoui bien au fond pourra s’exprimer. Pan ! t’es mort.
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Palais de Tokyo. Yo.
Gaudin donne vie à la matière inerte. Saulnier se disperse. Izumi se lâche, empli de plaisir à faire. Le Troter discute. Poincheval se mue en poule couveuse. Des machines pleines d’amour s’échelonnent au travers des salles du Palais de Tokyo. Immense, ce Palais, au point de se dire que certains des artistes peinent à faire face à cette immensité. Le Palais devient un lieu qu’il s’agit d’aborder par le biais de l’errance où la lecture du feuillet laissant découvrir la démarche de l’artiste scande cette déambulation au hasard de l’enchainement des salles. Ambiance nocturne toujours aussi apaisante emplie de visiteurs éparses, dubitatifs, sachants, ignorants, les visites se font au pas de course ou se font plus studieuses, observatrices, chacun adapte sa déambulation. D’ailleurs est il vraiment question de comprendre ? Sentir, ressentir, se projeter soi-même dans une démarche intrinsèquement obscure ou rendue volontairement obscure par celui ou celle qui produit, embué dans sa démarche éclairée ou brumeuse. La profondeur en est très variable. Il ne le dira pas. L’osmose est régulièrement difficile. L’évidence apparait parfois, au hasard de moments furtifs où sa propre expérience induit soudainement une capacité à se projeter. A déambuler donc, au hasard et sans idée préconçue. Sans se perdre.
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Béchet chez Doisneau.
J.C. Béchet maîtrise son sujet. C’est indéniable. Jusque dans le titre de l’exposition, expressément adapté aux photographies présentées. European Puzzle, l’impression est bien celle-ci pour cette suite d’images prises au cours de plusieurs années de parcours de l’intéressé du grand nord au sud de cette Europe diverse, de l’ouest au bout de son est. Portraits, photos de rue, plans larges et resserrés, J.C. Béchet se permet le mélange. Tant mieux. Peut être. Il s’agit en tout cas d’un panel varié de son savoir faire. Intéressant. Intéressant également de l’écouter parler de son parcours européen et des images qui en sont issues. A voir. Certainement. Jusqu’au 23 avril 2017 à la maison de la photographie Robert Doisneau de Gentilly.

