7 octobre, le temps est arrivé. Le temps du décrochage. Derniers regards aux photographies alignées, il est temps pour elles d’aller rejoindre de nouveaux murs. En ordre dispersé, elles vont à présent pour certaines d’entre elles aller se confronter à un environnement différent où l’effet de série laissera place à un autre équilibre. Nouveau fond, nouveaux voisins de murs, les cadres se dispersent. Merci à ceux et celles qui ont partagé ce temps de l’Exposition, à part de par sa définition d’un temps à coté, d’un temps de l’aboutissement. End, almost. Il est temps alors de poursuivre le chemin, d’ouvrir les yeux et d’aller approcher d’autres réalités proches ou lointaines, la question n’est pas là.
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déplacements / 5.
Le ronron des roues sur les rails bercent les transhumances quotidiennes. Moment de calme avant de se projeter en dehors de la rame, il est encore temps de lire. Les plus frileux sont empaquetés, les plus téméraires gardent encore en mémoire la chaleur estivale. c’est au choix.
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déplacements / 4.
Le rythme s’accélère, la rentrée est là, pleine d’inertie positive sur la lancée d’un été qui, pour un certain nombre, a laissé les yeux s’ouvrir, se reposer, voir autre chose. Travail de clarification du regard, sorte de nettoyage bienvenu, il n’empêche que les transhumances quotidiennes se réactivent. Plongeon en soi dans son espace d’immédiateté, la connexion à l’Autre n’en est pas moins intense dans ce temps qui s’accélère. Distanciée plus régulièrement, cette connexion se remarque ainsi par un rapport de proximité modifié.
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déplacements / 3.
Il est temps certainement de formaliser cette série, Déplacements. Deux années de prises de vue au gré des cheminements, il n’empêche que certains des clichés sont apparus ponctuellement ici. L’été prolifique même s’il ne s’est pas focalisé spécifiquement sur cette série, a permis de la compléter. Prises de vues avec un fil rouge continu dans l’acte de se transporter, elles paraissent en noir et blanc pour acter un rapport incontournable à la lumière. Images majoritairement d’intérieur, lumières artificielles aléatoires, la lumière est difficile à appréhender. Elle s’immisce pour autant dans chaque image où le rapport à l’instant fige les personnages en un équilibre serré. Bientôt. Très bientôt.
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déplacements / 2.
Toujours aller plus vite. Quoique. Le principe change peu à peu. Il s’agit surtout d’aller au plus vite. Les artères obstruées de véhicules toujours aussi nombreux malgré un espace dédié qui se réduit. Tétus. Alors les pieds reprennent du service. Les cuisses s’échauffent aussi. L’apprentissage du déplacement autrement s’immisce peu à peu. L’intensité urbaine module sans aucun doute les ardeurs où seule la densité des flux oblige de varier les plaisirs. La saturation se généralise, la mutation est réelle avec une densification urbaine qui se construit jour après jour imposant de faire autrement. Madrid, une ville où l’on marche. Aussi.
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solitudes / 4.
Point trop n’en faut. Pourtant, je me focalise sur une fausse solitude madrilène cette fois-ci. Le trio qui n’a rien d’infernal, emplit la rue. En toute quiétude, avec lenteur. Ennui de l’une, la plus alerte face à cette vieillesse qui a besoin de temps, de plus de temps qu’avant. Des gestes simples, un rapport à l’autre qui se construit avec cette lenteur. Il n’est plus question de s’étreindre avec fougue dès que l’Autre est en vue. Ici, la distance ne remet pas pour autant en cause l’intérêt pour l’Autre, sorte de recul d’esprit provoqué par un mouvement plus lent.
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contemplations / 8.
En passant. Des plans de contemplations en successions. Celui, filmé, fixant la caméra pour offrir son visage et un discours à celui qui filme, lui même offrant à voir son film en projection. Les regardeurs se projettent à leur tour sur eux-mêmes au travers du discours porté par cet adolescent amstellodamois. Plus loin, derrière, ouvrez vous les yeux. Une regardeuse se cache. Ed van der Elsken au Jeu de Paume / Paris. Il ne suffit pas de lire l’article. Il faut aller voir. 24 septembre 2017, 21.00 : vous aurez les joues rosies de confusion si vous n’avez pas pris la peine. D’y aller.
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solitudes / 3.
Aller au marché mais pas n’importe comment. Madrid en beauté, il s’agit de se faire beau. Rouge et or brillent au soleil estival au milieu des touristes qui gambadent et des autochtones qui s’activent à leur quotidien chapeauté d’une douceur amenant chacun à s’agiter aux horaires locaux. Faute de quoi la surchauffe survient rapidement. Beauté solitaire au milieu de la foule qui grouille, elle se devait d’être immortalisée.
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solitudes / 2.
Des enfants qui courent. Une boule de métal alias tête de mort constituée de restes de faux plafonds métalliques. Il en faut peu. Mais quoiqu’il en soit, être patient pour que la gestuelle soit juste, comme il faut, tel une robe plus ou moins bien coupée, elle va ou ne va pas. Souvenir des interventions artistiques, en volume pour certaines uniquement, dans la Cité Universitaire. Ce fut un beau moment, baignée de solitude perceptive où chacun cherchait la perle, sa perle, dans ce fatras d’interventions.
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Ismaïl Bahri / Jeu de Paume.
Il est des expositions pour lesquelles le temps lent de la déambulation est nécessaire si l’on veut s’imprégner du sujet. Les vidéos d’ismaïl Bahri le nécessitent. Point de précipitation, au risque de rater la sensibilité à fleur de peau de ces productions mises en scène judicieusement au Jeu de Paume. Cela donne envie de s’arrêter un instant. De l’intime jusqu’à la relation à l’autre, basées sur le quotidien mais en l’approchant à sa façon, ses oeuvres touchent si l’on prend le temps d’y être perméable. Vous avez jusqu’au 24 septembre 2017 pour vous mouiller.

