Il était une fois un temps sans temps suffisamment disponible alors même que les secondes défilent sans attendre. Il est temps d’y mettre fin, dans une blancheur aveuglante comme la Grèce sait vous l’imposer sous un soleil implacable rendu supportable par cette seule brise qui chasse péniblement ce trop plein de chaleur douloureuse. Il faut passer son chemin, rechercher l’ombre. Cette prochaine série de photographies raconte tout cela.
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DAIDO MORIYAMA / MEP, Paris
Un vent de liberté souffle dans les photographies de Moriyama. Le vent d’un « jusqu’au bout » au point de récupérer des négatifs au fond des poubelles du laboratoire, d’en faire une série et d’arrêter de photographier pour un temps, dans l’attente d’autre chose. Des cadrages en mouvement qui s’attachent au quotidien de l’invisible en parvenant à produire un discours graphique au-delà de la photographie, une démarche en mouvement perpétuel en lien récurrent avec le monde artistique au point qu’il arrive à faire autre chose que de la seule photographie, des images qui s’attachent à dénoncer la course folle d’un Japon bétonné dans ces années 60 qui n’ont pas le temps d’attendre, Moriyama va loin. Interdiction absolue de ne pas aller voir cette exposition.
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SHOMEI TOMATSU / MEP, Paris
2021, le Japon s’immisce à Paris jusqu’au 24 octobre. Les séries s’enchainent entre noir et blanc, couleurs appuyées dans des formats récurrents. Une exposition conçue avant la mort du photographe avec Moriyama, on y retrouve une exhaustivité du travail sans fin de ce photographe attentif, à sa manière, au quotidien invisible pour beaucoup. Aucune excuse pour ne pas aller voir ces images qui enrichissent les yeux.
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Tommaso Protti / MEP, Paris.
Amazonia : Tommaso Protti nous plonge en pleine violence de cette Amazonie brésilienne où il a durant plusieurs mois parcouru des milliers de kilomètres. Déforestation, violences, transformation de la société, ce photo journalisme nous met une claque sans prévenir. Les prises de vues vont droit au but et traduisent sans filtre le vécu de ces instants forts. Alors, c’est décidé, on se lève et on y va en prenant le temps de se plonger dans ce monde explosif et rugueux. Jusqu’au 16 février 2020, vous avez encore le temps de ne pas oublier. A vos yeux.
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Ursula Schulz-Dornburg / MEP, Paris.
Ursula a parcouru le monde à la recherche de la Frontière. Prises de vue maîtrisées, on ne peut dire le contraire, la recherche de l’absence d’effet de cadrage laisse toute la force au sujet. Plusieurs séries s’enchainent avec la même volonté sans faille de vouloir témoigner. Témoin, archiviste, Ursula nous propose des images qui apparaissent au premier abord simples. Elles sont sans aucun doute extrêmement travaillées, les tirages en NB accompagnent parfaitement la rigueur sans faille des prises de vue. Vous avez jusqu’au 16 février 2020 pour parcourir le monde.
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Brassaï / FOAM, Amsterdam
Vous passez par là, avec ou sans Brassaï, vous vous arrêtez dans ce lieu dédié à la photographie, lieu empli de dédales, on aime le FOAM. Après Toulouse Lautrec au Grand Palais à Paris, Brassaï à Amsterdam, vous voilà plongés dans un Paris nocturne. Les années 30 pour Brassaï où il s’immisce dans des lieux improbables dont il rend compte de ces vies pleine d’alcool et de femmes. Douze séries de photographies vous laissent découvrir le travail de Brassaï au-delà de cette vie nocturne parisienne. On se dépêche d’y aller, vous avez jusqu’au 4 décembre 2019.
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Adrian Villar Rojas / Oude kerk, Amsterdam
Un lieu improbable, la plus vieille église d’Amsterdam, un artiste argentin qui travaille sur des installations à grande échelle et vous voilà catapultés dans un espace temps, hors de tout où de grands chandeliers éclairent à peine ce volume immense, où des sacs de sable divisent l’espace dans une ambiance d’insurrection urbaine. Des cris de fauves viennent vous déconnecter définitivement du monde environnant. N’y restez pas trop longtemps, vous risquez d’y rester pour longtemps.
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Bacon / centre Pompidou, Paris
Il est parfois des moments où le temps s’arrête, suspendu. Suspendu par la perception qui coupe court à tout le reste. Bacon fait parti de ceux qui provoquent cette suspension. Je n’use pas d’inutiles mots sur lui, il coupe à nouveau la respiration, l’air s’assèche, empli d’un malaise que laissent planer ses tryptiques. Rigueur sans faille d’enchainements de trois tableaux, mêmes formats verticaux, avec ses couleurs pleines de lumière, ses corps pleins d’énergie, sa définition spatiale inébranlable, Bacon est au-dessus. Et vous ne pouvez rien dire de plus, votre voix s’est éteinte.
Jusqu’au 20 janvier 2020, il est interdit de ne pas y aller.
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peter Hujar / Jeu de Paume.
Tirages noir et blanc en format carré, le monde de peter Hujar est ainsi. Liées à new York où il traverse le monde artistique, gay entre autres, ses photographies sont éprises de liberté qu’il a toujours revendiquée. Les sujets sont divers, du nu à la rue, divers est le bon mot pour cette exposition à voir jusqu’au 19 janvier 2020. Sans être renversante, cette exposition vous fera un moment plein de photographie au bon sens du terme.
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Trieste Photo Days 2019
Vous allez à Trieste fin octobre ? Vous y découvrirez certaines de mes photographies du 22 octobre au 10 Novembre 2019. Short Street Stories est un Festival de photographies sous l’égide de Martin Paar. Des expositions, des lectures de portfolios vous y attendent.
Vous trouverez toutes les informations sur www.triestephotodays.com/en/events/mostra-short-street-stories

