Le choix des expositions est pléthorique. La qualité des expositions est variable, vraiment. Pourquoi écrire cela, partant de cet acquis que l’analyse subjective s’imprègne de son propre cheminement, orienté par principe ? Il en est ainsi pour chacun, peu importe donc ce manque d’objectivité. L’intérêt d’Arles est justement de proposer un panel d’expositions qu’il s’agit d’aller piocher au gré de ses envies. Il s’agit évidemment d’envie, de plaisir à découvrir des lieux, des mises en scène ou de se retrouver en apnée face une production photographique époustouflante dans un lieu quelconque. Et Arles 2018 propose tout cela. A vous d’être curieux, critiques, enjoués, attentifs pour enrichir son apprentissage oculaire. Je retiens ici une image issue de l’exposition de yingguang Guo pleine de poésie et d’envie a priori, et c’est déjà beaucoup.
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James Nachtwey / Jeu de Paume, Paris. 3.
Lorsque je vous disais que cette exposition était indispensable à votre équilibre oculaire, certains ont saisi l’importance de cette déflagration nachtweyenne et sont partis se rendre à la MEP, en sont sortis les yeux enrichis, l’âme peut-être en peine. Chacun réagit selon son propre chemin. D’autres ont fermé les yeux. Aveugles sont ils, sans doute pas. Mais il se peut que beaucoup se limitent à voir et non à regarder. C’est bien là que ces moments permettent de basculer d’un groupe à l’autre, en ces temps épuisants de gavage visuel. Là, il est sûr qu’il faut prendre le temps, sans pouvoir faire glisser sans fin les images au gré de l’index sur l’écran de son smartphone. Les jours se comptent pour intégrer le groupe restreint des regardeurs en échappant à celui bien plus large des voyeurs. A vous de choisir en acceptant d’être ébranlé. C’est ici possible jusqu’au 29 juillet, 2018 certes.
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Identités HK. Diversités / 2.
Fin de soirée, la nuit est entamée. Temple Street poursuit son activité sans faillir. La chaleur est alors plus supportable, les tables ont envahi la rue. Le temps de la rencontre est enfin là. Scène d’un quotidien anodin et détendu, le temps de découvrir des saveurs nouvelles voire étranges est également venu. Lumières artificielles avant tout fonctionnelles, les odeurs se mêlent à cette ambiance particulière où malgré cette densité imposante de Hong Kong, le rapport à l’Autre se perçoit sans animosité.Habitués, nouveaux venus, jeunes et anciens se suivent les uns après les autres dans ce restaurant de rue. Pour la peine, j’y retourne.
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festival Circulations 2018 – 1 / Le Centquatre.
Lieu toujours aussi plaisant ce Centquatre, le festival Circulations y présente cette année encore foultitude de photographies. Ou plutôt des démarches artistiques utilisant la photographie comme média principal. Les canons habituels d’analyse de la photographie sont sans aucun doute à ranger au placard. Le beau cadrage et la bonne mise au point ne sont pas les bases originelles des démarches mises en avant par les artistes. Pour un certain nombre, pas de généralisation excessive. Les pays de l’Est tant pour les artistes que pour les sujets sont rois en cette année 2018. Tout cela réveille les yeux. Prenez-en une paire de rechange, vous allez sans doute les user quelque peu. Festival jusqu’au 6 mai prochain, on y va, c’est rafraichissant.
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La photographie française – 2 / MEP.
Après Bettina Rheims et ses portraits grands formats, c’est cette fois-ci deux autres photographes qui ont provoqué une vibration anormalement intense de mes pupilles. Et avec des arguments différents de plus. Sarah Moon issue de la photographie de mode, est présentée ici avec des images pleines de poésie au travers d’images construites, des cadrages judicieux, en noir et blanc. A voir. Et pour finir dans l’extrême vibration, il y a Klavdij Sluban dans une lignée assez directe de Koudelka, robert Frank. Des tirages en noir et blanc, des cadrages sans faille, un plein mur de plaisir entier des yeux. A ne rater sous aucun prétexte, cela va sans dire.
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Identités nordiques – 2 / 3.
Dimanche, un jour en famille. Les enfants profitent également de ces moments de liberté. Capter leur naturel mouvant est toujours hasardeux. Ne pas capter leur attention où la réaction est souvent de poser plutôt que d’ignorer ou de réagir négativement. Je refuse toute image où l’attention est captée. Il s’agit alors d’avoir la patience de se faire oublier, de perdre de nombreuses images et de capter le bon équilibre de ce que personne ne voit, le seul point de vue possible étant celui de son propre cadrage. Patient, il est essentiel de l’être.Une fois de plus une question de temps qui se pose et la nécessité de s’exercer perpétuellement à chercher l’image même sans la capturer. Ouvrez les yeux, l’exercice est continu.
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Neïl Beloufa. L’Ennemi de mon ennemi / Palais de Tokyo.
Il faut du temps. Car présenter de manière chaotique des éléments de discours politiques officiels n’est pas aisé. Neïl Beloufa s’y attache. La présentation est en mouvement, vous verrez bien, plutôt dense. Il faut déambuler, cela semble être le plus cohérent sans vouloir appréhender chaque pièce présentée. Et c’est bien toute la difficulté d’appréhension de cette exposition dont la démarche de l’artiste est l’objet même de l’exposition, non pas une production en tant que telle. Le lieu est immense, comme toujours, prenez du temps afin de vous y confronter. Attention de ne pas vous y perdre, vous avez de toute façon le temps jusqu’au 13 mai prochain. Il y aura bien le temps de s’y perdre, justement.
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Identités nordiques – 2 / 1.
IL est des temps où l’évidence ne laisse aucun répit. Il en est ainsi pour la nouvelle série des Identités Nordiques, 2 qui vient confronter le Danemark et la Finlande dans des temps qui ne sont pas les mêmes. Visages danois ensoleillés face à la blancheur blafarde d’une nature enveloppée par le froid finlandais, ces diptyques complexifient le discours du travail débuté sur ces questions d’identités des lieux, d’identités de ceux qui font ces lieux. Ici les visages fixés sous un soleil d’été dans le port de Juelsminde laissent paraitre un calme volontaire en phase avec la dureté apaisante de cette nature blanchie captée en mouvement au nord de Helsinky. Ouvrez les deux yeux, il y a à voir. Sans faute.
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NIEPCEBOOK #07 / 5.
Prendre des images ainsi, à proximité immédiate de ceux qui réfutent toute image, est en soi un exercice de l’entre deux. Pas le temps de faire accepter la prise de vue, la proximité est fugace en ces nuits de fuite où les déplacements se font en silence entre la gare des Ardoines et le camp, lieu de refuge en tant que tel qui, même si les conditions de vie se rapprochent bien plus de la survie subie, représente pour autant un lieu protégé de l’entre soi. Les prises de vue se font à la volée, dans le mouvement de la marche de l’Autre sous des lumières tout autant réduites qu’aléatoires. La photographie se vit ici pleinement et traduit ces instants d’équilibre précaire en intimité non partagée, je ne peux prendre à distance, c’en est ainsi. J’ai besoin de sentir l’Autre, de ressentir l’excitation de cette volonté de transmettre une réalité. L’image est fixée. De toute façon, elle a aussitôt disparu, elle ne reviendra plus. Vitry sur Seine, septembre 2017, la nuit a repris ses droits couvrant ces va et vient incessants et discrets.
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NIEPCEBOOK #07 / 4.
La série des Identités sur la confrontation entre le camp de roms et le chantier de la gare des Ardoines a été l’occasion de prises de vues nocturnes. Mes photographies ont besoin de proximité, un 25 mm impose de réduire les distances. Les prises de vue de l’Autre qui réfute l’image expriment cette vie en passage. Toutes générations confondues, les mouvements de personnes du camp sont incessants, de nuit et de jour. La dureté de la situation m’a alors amené à préserver la couleur pour ancrer les images dans cette réalité du quotidien. Image ici inédite, ouvrez les yeux, d’autres suivront d’ici la parution du NIEPCEBOOK #07. Retrouvez-le sur www.corridorelephant.com/niepcebook jusqu’au 7 février 2018 avec 10 photographes, Chrystel Caparros, Antonio Domingues, Guillaume Lavit d’Hautefort, Emma Arbogast, Nicolas Beaumont, Pauline Sauveur, Baptiste Gamby, YmY Nigris, Alban Lecuyer et moi-même!

